Le rôle des sages-femmes a un impact positif essentiel pour la santé des futures mères et des nouveau-nés, que ce soit dans les pays industrialisés ou en voie de développement. C’est ce qui ressort d’un dossier spécial qui leur est consacré dans la revue scientifique médicale britannique The Lancet.
On dénombre en Belgique près de 8 000 sages-femmes enregistrées, mais leur rôle, qui peut commencer dès avant la conception, est encore souvent méconnu, selon l’Union professionnelle des sages-femmes belges (UpSfb).
Le dossier publié dans The Lancet, rédigé par un groupe d’experts internationaux, dont des chercheurs de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), montre «l’ampleur de l’impact positif qui peut être accompli lorsque des sages-femmes qualifiées et efficaces sont disponibles pour toutes les femmes et leurs bébés. Plus que sauver des vies, cela a aussi un effet sur leur santé et leur bien-être général ainsi que d’autres avantages durables », explique l’IMT.
Les auteurs du dossier invitent dès lors les gouvernements à reconnaître le «potentiel vital » des sages-femmes pour sauver des vies dans le monde. Ils mettent également en avant les preuves d’une tendance à la surmédicalisation de la grossesse et de l’accouchement et au recours à des interventions inutiles (césariennes, épisiotomies), que ce soit dans les pays à faibles ou hauts revenus. Or, selon les auteurs, faire davantage appel aux sages-femmes permet de réduire la mortalité des femmes et des nourrissons, de limiter les traumatismes à la naissance, de réduire les accouchements médicalement assistés, etc.
Un collectif pour une «naissance respectée »
Le rôle de la sage-femme est parfois encore méconnu chez nous, explique Vanessa Wittvrouw, vice-présidente de l’UpSfb, l’Union professionnelle des sages-femmes belges. On voit généralement la sage-femme comme une personne qui intervient en fin de grossesse et lors de l’accouchement. Or la sage-femme peut accompagner les parents dès avant la conception et jusqu’à la première année de l’enfant. Elles font de la prévention, accompagnent les futurs parents de manière plus proche, répondent à leurs questions, les rassurent, mais leur rôle évolue également et elles peuvent poser davantage d’actes qu’auparavant, explique-t-elle.
Toutefois, de plus en plus de femmes et de futurs parents se posent des questions sur ce qu’ils veulent en matière de suivi de grossesse et d’accouchement et la formation de sage-femme attire davantage d’étudiants ces dernières années, précise la vice-présidente.
Cette tendance à choisir comment vivre sa grossesse se retrouve également dans le collectif «Plate-forme pour une naissance respectée », qui regroupe des citoyens, usagères, professionnels de la santé, associations de défense des droits humains, féministes et représentants de la société civile.
Le collectif a pour but de rappeler «le droit des femmes à choisir les circonstances de leur accouchement dans l’intérêt des nouveau-nés, des mères et de leurs partenaires » et mettre en avant le rôle et les compétences des sages-femmes.
Dans une pétition, le collectif demande au monde politique d’entendre ses quatre revendications pour une naissance respectée: une information systématique et complète sur l’accouchement, une transparence des pratiques hospitalières, la prévention des interventions médicales non justifiées et le renforcement des compétences et de la complémentarité des différents professionnels de la naissance (gynécologues, généralistes, sages-femmes…).
Vers l'avenir mardi 24 juin 2014